21.10.2006
Trop tard pour Alckmin ?
Les débats sur l'économie, entre autres le sujet brûlant des privatisations, mais aussi les prises de position marquées de Geraldo Alckmin en faveur de la réduction des dépenses publiques, ont fait ces derniers jours, et bien tardivement, leur apparition dans la campagne. Comme prévu, la confrontation directe entre les deux candidats a été à cet égard légèrement plus fructueuse que la lapidation à laquelle se livraient les opposants de Lula au premier tour, et qui avait occulté tout débat. Elle n’a pas pour autant, loin de là, débouché sur un échange satisfaisant, comme en a tristement témoigné le débat télévisé du 8 octobre.
Alckmin, dont le vote s’est effondré dans les deux semaines qui ont suivi le scrutin (selon les dernier sondages il recueillerait aujourd’hui moins de votes que lors du premier tour), paye certainement le fait que les brésiliens lui reprochent de privilégier durablement les attaques à Lula à la formulation d’une vraie alternative.
Certes, ces mêmes brésiliens avaient choisi d’offrir au candidat du PSDB la possibilité d’un second tour, mais ce "cadeau" sera sans doute a posteriori perçu d’avantage comme un avertissement au président sortant Lula que comme un gage de confiance à Alckmin. De ce dernier, ils attendaient justement de sa campagne du deuxième tour une exposition pédagogique de la "deuxième voie" qu’il envisageait pour le pays, et des résultats qui en auraient découlé. Ils n’ont pas vraiment été servis.
Lula a lui très bien compris que tant qu’Alckmin n’aurait pas dissipé ces interrogations sur le cœur de son programme, le slogan petista "je n’échange pas ce qui est bon contre l’incertitude" ("não troco o certo pelo duvidoso") continuerait à faire un malheur.
La réponse de la campagne d’Alckmin, avec le slogan "j’échange ce qui n’est pas bon contre ce qui est bon" ("troco o errado pelo certo"), était par contre vouée à l’échec. Se contentant fondamentalement d’attaquer nouvellement le président sortant ("errado" : ce qui n’est pas bon, pas correct, pas moral aussi), réclamant à corps et à cris que toute la vérité soit faite sur le scandale du dossier, continuant d’afficher en homepage de sa page de campagne l’image des piles d’argent saisies par la Police dans cette affaire, le tucano pensait qu’il pourrait surfer durablement sur la vague qui l’avait porté au deuxième tour.
C’était oublier qu’avant ce scandale il n’était pas parti du tout pour atteindre ce deuxième tour, oublier aussi que ce genre de pratiques, malheureusement, est trop monnaie courante dans la politique brésilienne pour que leurs conséquences fassent sentir leurs effets très longtemps. C’était aussi sous-estimer les ressources défensives d’un Lula qui a rapidement fait place nette autour de lui, écartant et condamnant sans ménagement les "traîtres", et montrant une vraie science de la politique en expédiant au tapis son challenger sur le thème des privatisations. Pour rester sur la métaphore de la boxe, le cas typique d’un combattant qui au terme d’un premier round agressif et à son avantage revient trop confiant et moins saignant sur le ring, déterminé à appliquer la même tactique, tandis que son adversaire, secoué et recadré par ses entraîneurs, est désormais averti et moins attentiste.
Alckmin a encore huit jours pour faire passer un message fort et efficace, qui manifestement n’est pas le discours discréditant son opposant. Mais huit jours, c’est bien trop court pour se construire une crédibilité de président et décoller l’étiquette de "duvidoso" qui lui colle désormais à la peau...
19:05 Publié dans Campagne 2e tour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Alors on en est où depuis le 21 octobre ? et les élections du 29 octobre çà approche ! que disent les derniers articles de la presse ?
Ate mais
Manu
Ecrit par : Emmanuel | 25.10.2006
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