15.09.2006

Temps d'antenne

Les temps d’antenne dont disposent les différents candidats aux divers postes de l’exécutif et du législatif sont strictement réglementés par le Tribunal Supérieur Electoral.

Pour la présidentielle et l’élection des députés fédéraux, l’horaire électoral gratuit est en vigueur les mardi, jeudi et samedi. Pour les sénateurs, gouverneurs et députés d’Etat, les autres jours de la semaine, excepté le dimanche où ("graças à Deus" diront certains) la campagne fait relâche dans les postes, et se déplace dans les rues et les parcs des villes brésiliennes.

medium_horario_eleitoral.jpg
L’horaire électoral gratuit pour les candidats à la présidentielle se compose à la télévision de deux plages identiques, l’une étant diffusée entre 13h et 13h25, l’autre entre 20h et 20h55. Même principe à la radio, avec des horaires différents, et plus conformes aux pics d’audience radiophonique, de 7h à 7h25 et de 12h à 12h25.

Chaque plage dure donc 25 mn, soit 1500 sec.
- un tiers de ce temps, soit 500 sec, est divisé à parts égales entre les huit candidats à l’élection présidentielle (tempo igualitário).
- les deux tiers restants, soit 1000 sec, sont divisés entre les candidats au prorata de la représentation au lendemain des dernières élections de leur parti ou coalition à la Chambre des députés à Brasilia (tempo proporcional).

Nous obtenons selon ces critères et d’après le TSE les temps de parole suivants :
- 10 mn et 13 sec pour la « Coalition pour un Brésil décent » du candidat Alckmin (PSDB)
- 7 mn et 12 sec pour la coalition « A Força do Povo » du président sortant Lula (PT)
- 2 mn et 15 sec pour Cristovam Buarque du PDT
- 1 mn et 6 sec pour Luciano Bivar (PSL)
- 1 mn et 6 sec pour José Maria Eymael (PSDC)
- 1 mn et 2 sec pour la coalition « Front de Gauche » de la candidate Heloísa Helena (PSOL)
- 1 mn et 2 sec pour Ana Maria Rangel (PRP)
- 1 mn et 2 sec pour Rui Costa Pimenta (PCO)

Les plus pointilleux constaterons qu’ils manquent deux secondes pour arriver au total des 25 mn. Les temps d’attente sont en effet indiqués par le TSE aux centièmes de secondes près, et nous n’avons pas jugé particulièrement pertinents de vous les infliger !

Et les gouverneurs ?

Nous n'avons parlé jusqu'à aujourd'hui en détails que des élections présidentielles. Or nous avons vu ici que l'élection brésilienne du 1er octobre concerne de nombreux autres postes-clés des pouvoirs exécutif et législatif brésiliens.

C'est notamment le cas des gouverneurs. Figure suprême de l'exécutif dans les Etats, c'est un poste particulièrement prisé par les partis dans leur lutte d'influences et leur conquête de réseaux. Pour les candidats, si c'est souvent le dernier marche-pied avant de se lancer dans l'aventure de la campagne présidentielle (c'est sans doute le cas cette année pour Aécio Neves du PSDB, dans le Minas Gerais), c'est aussi parfois un lot de consolation qui vient mettre du baume sur les plaies des illusions présidentielles déçues (c'est le cas de José Serra, PSDB, à São Paulo).

La campagne pour l'accession aux postes de gouverneurs étant pour ces raisons et de par son caractère plus "local" celle que les brésiliens suivent le plus après la présidentielle, et donc celle qui représente le deuxième "envahissement" publicitaire le plus important, il nous paraît nécessaire de faire aujourd'hui un point sur les tendances dans les principaux Etats brésiliens.

São Paulo (dernier sondage Datafolha du 4-5 septembre)
- José Serra (PSDB de Geraldo Alckmin) est archi-favori pour être élu, sans doute dès le premier tour. Il a aujourd'hui 59% des votes utiles. Serra était le rival malheureux de Lula lors du deuxième tour de l'élection présidentielle de 2002, et a remporté la mairie de São Paulo en 2005. Il prendrait au poste de gouverneur de São Paulo la succession de Geraldo Alckmin, qui lui a soufflé l'investiture du PSDB pour la présidentielle, et a dû dans la foulée démissionner de son poste (occupé à titre temporaire par Claudio Lembo).
- Aloizio Mercadante (PT de Lula) est derrière avec 21% des votes utiles. Il est encore confiant sur ses possibilités d'atteindre le deuxième tour.
- Orestes Quércia (PMDB) est distancé avec 13% des votes utiles.

Rio de Janeiro (dernier sondage Datafolha du 4-5 septembre)
- Sergio Cabral (PSDB) est en tête avec 44% des voix totales exprimées.
- Marcello Crivella (PRB), évêque de la puissante secte "Igreja Universal do Reino de Deus" (L'Eglise Universelle du Royaume de Dieu), est deuxième dans les sondages avec 18% des voix.
- Denise Frossard (PPS) suit avec 15%.

Minas Gerais (dernier sondage Datafolha du 4-5 septembre)
Aécio Neves, étoile montante du PSDB, devrait être réélu dans un fauteuil avec 75% des voix totales, loin devant le candidat du PT Nilmário Miranda.

Dans le Paraná (ville principale : Curitiba), Roberto Requião du PMDB mène la danse avec 47% des votes totaux (Datafolha 4-5 sept.), devant Osmar Dias du PDT.

Enfin, dans le Ceará (ville principale : Fortaleza), le candidat Cid Gomes du PSB est parvenu en un mois à renverser la tendance et à prendre l'ascendant sur son rival Lúcio Alcântara du PSDB. En votes "utiles", il mène aujourd'hui (Datafolha 11-12 sept.) avec 63% des suffrages, contre 33% à son adversaire.

Datafolha

Le dernier sondage de l'institut Datafolha, publié le 12 septembre, ne révèle pas de grandes évolutions dans les intentions de vote à la présidentielle. Alckmin gagne un petit point au premier tour, passant de 27 à 28%, tandis que Lula en perd un de 51 à 50% et Heloísa Helena ne bouge pas à 9%. Les marges d'erreur étant de 1 à 2 points, ces évolutions ne peuvent pas être considérées comme significatives. Sur ces tendances, Lula devrait être élu dès le premier tour puisqu'il bénéficierait votes nuls et blancs exclus de 56% des votes "utiles" (les votes nuls et blancs ne sont pas comptabilisés dans le comptage des voix au Brésil).

Si toutefois deuxième tour il y avait, les derniers sondages montrent qu'Alckmin gagne aussi un point et ramène l'écart avec Lula à 17 points (38% contre 55% des votes totaux).

medium_20060914-datafolha-presidente-alta_renda.gifSelon l'institut, le seul bouleversement provoqué par la diffusion depuis la mi-août des plages électorales gratuites à la télévision réside dans le ralliement massif des classes les plus aisées à la candidature de Geraldo Alckmin. Ce ralliement s'est accentué depuis qu'Alckmin a radicalisé son discours et attaqué plus frontalement Lula. Entre mi-août et le 12 septembre, Alckmin est ainsi passé de 38 à 52% d'intentions de vote chez les électeurs gagnant plus de dix fois le salaire minimum, tandis que Lula chutait de 35 à 25% (cf. illustration ci-dessus).

Rappelons tout de même que seuls 4,5% des brésiliens gagnent plus de dix fois le salaire minimum, quand ils sont 50,4% à gagner moins de deux salaires minimum. Le salaire minimum est aujourd'hui de 350 R$ (127 euros).

14.09.2006

L'image du jour

medium_12006091400151415debate13.jpg
De gauche à droite, Cristovam Buarque, Heloísa Helena, Geraldo Alckmin, et le pupitre vide du candidat Lula (photo Alex Silva, Agence Estado).

Hier mercredi 13 septembre s'est tenu sur TV Gazeta un débat réunissant les principaux candidats à l'élection présidentielle. Etaient présents Cristovam Buarque, Heloísa Helena et Geraldo Alckmin. Un absent de marque, le président sortant Lula da Silva, qui d'après la chaîne n'aurait pas répondu à l'invitation. A noter que les quatre autres candidats (Ana Maria Rangel, Luciano Bivar, José Maria Eymael et Rui Costa Pimenta) n'avaient eux pas été invités, au motif que leurs partis respectifs n'ont pas de représentation au Congrès.

Le parti-pris de TV Gazeta de laisser le pupitre de Lula vide, quand bien même sa non-participation était acquise, n'était évidemment pas innocent. L'image est très forte, et pour de nombreux journaux du jeudi illustrait à merveille les accusations de fuite de ses responsabilités qu'ont formulées lors du débat les trois invités à l'encontre du président. Citons Geraldo Alckmin : "Le président Lula fait depuis quatre ans beaucoup de promesses, et il n'a pas tenu la majorité d'entre elles. [...] Il ne vient pas parce qu'il ne veut pas s'expliquer. Il ne veut pas rendre des comptes à la société de ce qui s'est passé pendant les années de son mandat."

Lula a choisi lui de ne pas publier sur son site de campagne de communiqué justificatif, pas plus qu'il ne l'avait fait lorsqu'il avait été le seul à décliner l'invitation faite par la Folha de São Paulo de participer à son cycle d'entretiens ("sabatinas", cf. ici le post publié à cette occasion).

medium_GRANDE_11582752434509e0ab1d761.3.jpgIl a par contre profité de son interview de ce soir jeudi 14 septembre au journal télévisé de la Band (TV Bandeirantes) pour mettre les points sur les "i". Lula s'est ainsi étonné que personne en 1998 ne se soit offusqué de l'absence du président FHC aux débats des candidats alors qu'il cherchait la réélection. Surtout, il a expliqué les difficultés de son statut de président en campagne, qui en tant que président de la république en fonction, "ne pouvait pas s'exposer, et devait plutôt préserver l'institution."

Une institution, qui, c'est certain, ne serait pas sortie indemne face aux accusations et autres remontrances que n'auraient pas manquées de formuler ses trois rivaux.

Albums photos

Les albums photos ont été enrichis. Vous pouvez les consulter en cliquant sur les photos des candidats dans la colonne de gauche.

13.09.2006

"Quero ser de novo presidente"

Deux spots radio diffusés depuis le 8 septembre, et dans lesquels Lula reprend en deux fois 15 secondes les arguments principaux qui le poussent à être candidat à la réélection (cf. post précédent).

podcast

En français, cela donne :
"J'ai beaucoup appris. C'est pourquoi je peux gouverner encore mieux. J'ai plus d'expérience, je connais mieux la machine, je connais le monde et le monde me connaît. Je sais que je peux faire beaucoup plus pour le Brésil. Pour toute ces raisons, je veux être de nouveau président."

podcast

"La responsabilité de celui qui gouverne est une chose, celle de celui qui est candidat en est une autre. Ils peuvent promettre tout ce qu'ils veulent, moi je ne promets qu'une chose : gouverner encore mieux. Et ça, je le garantis, je le ferai."

Cristovam Buarque contre la réélection

medium_cristovam_buarque.2.jpgS’inscrivant dans la lignée des déclarations de Geraldo Alckmin et de celles du président du Tribunal Supérieur Electoral Marco Aurélio Mello (cf. ici post à ce sujet), le candidat Cristovam Buarque du PDT, crédité dans les derniers sondages de 1 % des intentions de vote, a qualifié aujourd’hui la réélection de "désastre".

Selon lui, "[la réélection] fait que celui qui est au pouvoir, dès son premier jour, ne s’intéresse qu’à elle. Pour cela, il conclut des alliances qu’il ne devrait pas conclure, comme celles du Mensalão, et laisse le peuple avoir faim pendant trois ans avant de lui donner ce qu’il veut au cours des derniers mois pour pouvoir l’emporter de nouveau."

Cette position contre le principe de la réélection est aujourd’hui au cœur de la stratégie de nombreux candidats, et le fait que la principale autorité de la Justice Electorale y soit allée de son couplet montre bien que le thème est critique.

En effet, nombreux sont les signaux selon lesquels le président Lula a du mal à tracer la frontière entre son statut de gouvernant et celui de postulant à l’élection, l’intéressé et son vice-président Alencar l’ayant d’ailleurs eux-mêmes reconnus. Ils ne sont pas aidés en cela par une législation électorale semble-t-il trop floue sur ces fameuses "frontières", et par le manque de jurisprudence historique en la matière, seul FHC ayant été réélu en 1998.

Une chose est sûre, Lula dans ses réponses à ces accusations ne s’aventure ni à éclaircir ce que ses adversaires considèrent comme des abus d’un président en campagne, ni à justifier par la théorie politique la possibilité de la réélection. Sa position est avant tout pragmatique, et son discours dans les derniers spots radio de campagne est celui de quelqu’un qui veut faire part de sa certitude de faire mieux encore lors de son second mandat, rivalisant pour cela de démagogie avec ses rivaux.

Son dernier spot radio dit ainsi : "J’ai aujourd’hui beaucoup plus d’expérience. Je connais mieux les rouages de la machine et je peux monter une excellente équipe. Nous ne perdrons plus de temps comme au début du premier mandat, où nous avions dû résoudre les problèmes hérités des prédécesseurs. Grâce à Dieu, nous avons surmonté ces obstacles et trouvé des solutions définitives. Nous pouvons maintenant avancer de manière rapide et sûre."

PMDB

medium_pmdb.jpgPartido do Movimento Democrático Brasileiro
(Parti du Mouvement Démocratique Brésilien)

Le PMDB est un parti centriste, fondé en 1979 à partir de la transformation du MDB (Mouvement Démocratique Brésilien), qui avait été le parti autorisé d’"opposition" pendant la dictature militaire.

Le parti est très implanté aujourd'hui sur l'ensemble du territoire brésilien, et dispose du premier contingent de sénateurs (22 sur 81) et de députés fédéraux (82 sur 513, à égalité avec le PT).

Il ne présente pas de candidat à la Présidence de la République à l’élection 2006, comme en 2002 (coalition José Serra du PSDB) et en 1998 (coalition FHC du PSDB). Il ne fait partie d’aucune coalition principale, seule une partie de ses militants soutenant officieusement le président sortant Lula et sa coalition "Força do Povo".

Au niveau des élections dans les Etats, ses alliances sont guidées par un certain pragmatisme (que d'aucuns qualifieraient plutôt d'opportunisme), amenant le parti à rejoindre des alliances très diverses où l’on peut retrouver la quasi-totalité des partis principaux (PT, PSDB, PFL, PDT, PP, PC do B, etc.).

Le PMDB a connu son apogée dans les années 80, alors qu'il représentait l'opposition à la dictature militaire et à son parti « officiel », l'ARENA (Alliance Rénovatrice Nationale). Surtout, à partir de 1984 et sous l’impulsion de ses figures historiques Tancredo Neves et Ulysses Guimarães, le PMDB était à la pointe du combat de la re-démocratisation du pays, menant en particulier la campagne des "Direitas já", par laquelle le parti réclamait l'instauration des élections "directes" (au suffrage universel).

Le parti accéda au pouvoir suprême lors des élections de 1984, lorsque Tancredo Neves était élu par le collège électoral au détriment de Paulo Maluf, alors représentant de l’ARENA. Tancredo Neves décédait cependant peu après, et son vice-président José Sarney était alors chargé de mener à bien le processus de sortie de la dictature et de démocratisation du pays, décrétant l’autorisation de tous les partis, la Constitution de 1988 et les premières élections directes au suffrage universel en 1989.

Le parti commença cependant dès 1987 à perdre petit à petit son influence avec la sécession de l'un de ses principaux idéologues, Fernando Henrique Cardoso, qui créait le PSDB. Le PMDB n’allait alors plus jamais remporter l’investiture suprême, ses candidats étant battus en 1989 par Collor, et en 1994 par FHC. A partir de 1998, le parti n’a plus présenté de candidat, préférant rejoindre des coalitions.

Ironie de l’histoire, le parti qui a permis au Brésil de se doter du suffrage universel n’a jamais été porté par le vote populaire à la présidence de la République.

Il manque aujourd’hui cruellement d’un leader, que n’a pas pu être Anthony Garotinho, ex-gouverneur de l’Etat de Rio de Janeiro et mari de l’actuelle, qui s’est ridiculisé au mois de mai en entamant une grève de la faim pour protester contre le traitement médiatique dont il était victime dans sa course à l’investiture présidentielle pour son parti. Le parti décidait alors fin mai, au vu notamment de la chute de Garotinho dans les sondages, de ne pas présenter de candidat à l’élection.

12.09.2006

Amnésie Electorale

medium_capapopup08092006.gifLa dernière édition du magazine hebdomadaire politique, économique et culturel Carta Capital, datée du 13 septembre 2006, titre en une : "Amnésia Electoral" (Amnésie Electorale).

Un sondage effectué fin août par l'institut Vox Populi, fait en effet état de cette information étonnante : 65 % des électeurs brésiliens ne se rappellent plus pour quel député fédéral ils ont voté en 2002.

La revue précise, sans publier le détail des chiffres, que cette "amnésie" n'est pas caractéristique d'un milieu social en particulier, mais affecte bien au contraire l'ensemble de la société brésilienne, la proportion d'"amnésiques" oscillant entre 60 % pour les plus riches (ceux qui gagnent plus de dix salaires minimum) et 69 % pour les plus pauvres (ceux qui gagnent moins d'un salaire minimum).

Les députés fédéraux sont certes facilement "oubliables". Ils sont très nombreux à siéger à la Chambre des Députés du Congrès de Brasilia (513), et forment un contingent de plus de 5 400 candidats dans tout le Brésil, disposant à peine de quelques secondes pour leurs spots de présentation à la télévision ou à la radio.

Le plus souvent, dans la plage publicitaire d'un parti lors de l'horaire électoral gratuit, ils sont entre une dizaine et une vingtaine de candidats au poste de député fédéral à se présenter tour à tour à la suite des candidats aux postes principaux (président, gouverneur et sénateur).

Leur seule chance de se faire remarquer, s'ils ne sont pas déjà connus du grand public, est de retenir l'attention de l'auditeur ou du téléspectateur avec une phrase-choc, une attitude particulière ou le rappel d'un fait d'armes glorieux ("J'ai été à l'origine de tel ou tel projet de loi", "Je n'ai jamais occupé de fonction politique par le passé et n'ai donc rien à me reprocher", "Je suis le fils spirituel d'un tel ou d'un tel", etc.). Et surtout, il leur faut s'attacher à graver dans la mémoire de l'électeur le numéro qu'il devra taper sur le clavier de l'urne électronique.

Plus généralement, l'étude montre un vrai désintérêt des électeurs brésiliens pour les élections législatives par rapport à la définition des postes de l'exécutif. Ainsi, à quelques semaines des élections, si 1 électeur du Minas Gerais sur 5 ignore encore pour qui il va voter à la présidentielle et 1 sur 3 sur qui se portera son choix pour le poste de gouverneur, ce sont près de 2 électeurs sur 3 qui ne se sont pas encore décidés pour les sénateurs, les députés fédéraux et les députés d'Etat. Ces chiffres se retrouvent dans les grandes lignes dans l'ensemble du pays.

La multiplication des partis, celle des candidatures (pour un même parti), sèment le trouble chez l'électeur, qui souvent prendra sa décision dans le bureau de vote même. D'où les nombreuses dérives constatées par le passé dans les alentours immédiats des lieux du scrutin, dont les modalités d'organisation sont désormais strictement réglementées (mais qu'en est-il de l'application des mesures ?).

11.09.2006

Vota Brasil

Au milieu des spots TV ou jingles radios des différents candidats aux nombreux postes (depuis la Présidence de la République jusqu'aux bancs des assemblées), le téléspectateur ou auditeur brésilien peut écouter de temps à autre une voix lui rappeler combien il est fondamental qu'il se rende aux urnes en octobre. Ce sont les spots du programme Vota Brasil du Tribunal Supérieur Electoral (TSE).

Si le vote est obligatoire au Brésil, nous avons vu que les sanctions à l'encontre des abstentionnistes n'étaient pas particulièrement sévères (sauf, éventuellement, en cas de récidive). Par ailleurs, les votes blancs ou nuls ne sont pas pris en compte lors du dépouillement final (suffrages exprimés en fonction du total des votes "utiles" uniquement). Enfin, le faible niveau de maturité démocratique de la population brésilienne entraîne un phénomène de déresponsabilisation de l'acte du vote, motivé par ce sentiment inévitable de n'être qu'un parmi plus de cent millions et par conséquent de ne pas être décisif dans le scrutin.

medium_vota_brasil.jpg
Ces facteurs sont autant d'éléments justifiant la nécessité d'une campagne civique de grande ampleur, dont les slogans sont les suivants : "O Brasil é tão bom quanto o seu voto" ("Le Brésil est aussi bon que votre vote"), ou encore "Pense e vote. Vota Brasil. O Brasil está nas suas mãos." ("Pensez et votez. Vote Brésil. Le Brésil est entre vos mains.")

Cette campagne permet aussi, à travers de nombreux spots très pédagogiques, de récapituler les règles essentielles de fonctionnement des scrutins et les différentes fonctions politiques des représentants que le peuple brésilien va élire.

Toutes les notes