18.10.2006
Patatra!
Pluie de mauvaises nouvelles pour Geraldo Alckmin, le challenger de Lula pour le second tour de la présidentielle. Le premier coup lui a été porté avant-hier par le communiqué du PDT (parti du candidat Cristovam Buarque), qui annonce ne soutenir officiellement aucun des deux candidats au second tour. Alckmin avait pourtant tout fait ces derniers jours pour récupérer les 2,6 % de voix de Buarque, allant jusqu'à louer dans ses spots électoraux le labeur de l'ancien ministre de l'éducation et reprenant bonne partie de ses propositions en la matière.
Le second coup, plus violent encore, est venu du dernier sondage de l'institut Datafolha, le premier depuis que l'"horario eleitoral" a repris à la télévision. Réalisé lundi et mardi auprès d'un panel représentatif de 7133 personnes, il met en évidence la forte augmentation du vote Lula et la légère régression du tucano Alckmin.Si le vote avait eu lieu hier, Lula aurait ainsi recueilli 57 % des suffrages contre 38 % à Alckmin. C'est six points de plus pour le président sortant, et deux de moins pour Alckmin, ce qui tend à montrer que non seulement Lula récupère une partie des électeurs d'Alckmin, mais surtout qu'il a réussi à convaincre certains indécis. En votes valides, Lula assurerait tranquillement sa réélection, avec 60 % des suffrages contre 40 % à son challenger.
Enfin, alors qu'Alckmin s'échine depuis plusieurs jours à nier les attaques d'un Lula qui l'accuse de vouloir privatiser à tout va, comme son prédecesseur tucano Fernando Henrique Cardoso (FHC, président de 1994 à 2002), ce dernier ne lui a pas rendu service hier soir dans une interview à la radio CBN. FHC a en effet défendu le bilan de ses privatisations, et surtout laissé comprendre qu'il n'était "pas contre une privatisation de Petrobras" (gigantesque compagnie pétrolière publique). Ce qui donne du grain à moudre à un Lula qui n'en demandait pas tant !
L'ancien président FHC a publié aujourd'hui une note dans laquelle il estime avoir été mal compris, et affirme être opposé à la privatisation du géant brésilien de l'énergie. Il est probable qu'il se soit fait rappeler à l'ordre dans la nuit par l'état-major de campagne d'Alckmin.
L'affaire est en tout cas révélatrice du climat tendu autour de ce sujet des privatisations. Lula y a décelé un point intéressant de divergence avec son opposant Alckmin, et s'attache avec succès depuis plusieurs jours à l'exploiter au maximum, acculant son challenger en le confrontant à certains échecs en la matière de FHC et le poussant à revenir sur ses positions.
Le thème étant particulièrement sensible au Brésil, un géant aux pieds d'argile en matière d'énergie, il est possible que les coups répétés portés par Lula soient en partie la cause de sa progression dans les sondages.
09:10 Publié dans Alckmin, Campagne 2e tour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.10.2006
Oui... mais non !
Le deuxième débat télévisé de l'entre deux tours, initialement prévu ce mardi 17 sur l'antenne de la TV Gazeta, n'aura finalement pas lieu. Selon la chaîne, "le débat a été annulé car le président Lula, alors qu'il avait promis de participer à tous les débats du second tour, a prétexté des "problèmes d'agenda" pour désister".
La façon dont Lula s'était fait "bousculer" lors du premier face-à-face avec Alckmin, dimanche 8 sur la TV Bandeirantes, n'est peut-être pas étrangère aux soudains "problèmes d'agenda" évoqués plus haut. Sans compter qu'il est sans doute plus facile, pour l'équipe de campagne du petista, de "snober" une petite chaîne comme la TV Gazeta qu'un monstre de l'audiovisuel tel que la TV Globo, par exemple...
De son côté, le candidat Geraldo Alckmin avait d'abord accepté de participer tout de même à l'émission, qui aurait alors pris la forme d'une interview. Mais le tucano a fini par renoncer, laissant ainsi passer une occasion en or d'exposer tranquillement son programme, sur un canal hertzien et à une heure de grande écoute. Les mauvaises langues disent que son programme se résume justement à attaquer le président sortant sur les scandales du PT.
D'ici au 29 octobre, date du second tour, trois débats télévisés sont toujours au programme : jeudi 19 sur la SBT et vendredi 27 sur la Globo. La date du troisième débat, sur l'antenne de la TV Record, reste à définir.
06:15 Publié dans Campagne 2e tour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.10.2006
Chez les voisins
Le Brésil n'est pas le seul pays d'Amérique Latine à élire son président en cette fin d'année 2006.
Les équatoriens se rendent ce dimanche aux urnes dans un climat particulièrement apaisé, au vu des secousses politiques de l'histoire récente. Rappelons que les trois derniers présidents élus démocratiquement en Equateur ont été forcés à la démission ou renversés en cours de mandat. Le scrutin d'aujourd'hui devrait déboucher sur un second tour entre Rafael Correa, un économiste de gauche ayant obtenu un PhD aux Etats-Unis, et Álvaro Noboa, le magnat de la banane, un riche héritier qui se présente pour la troisième fois. Ce dernier se dit confiant quant à sa victoire, mais nuance son propos : "rien n'est sûr dans la vie, sauf les impôts et la mort".
Au Venezuela, le climat s'annonce plus passionné. L'élection se tiendra début décembre et se résumera probablement à un plébiscite pour ou contre le gouvernement du président Chavez. Le clan du "contre" devrait bénéficier du fait que l'opposition, longtemps incapable de s'organiser et de trouver une faille dans la cuirasse chaviste, s'est refaite une santé dans les dernières semaines autour de son candidat Manuel Rosales. Longtemps crédité de quelques points à peine dans les sondages, ce dernier semble désormais constituer un rival crédible pour le président sortant.
Chavez est conscient de la crainte qu'il inspire chez bon nombre de ses compatriotes, une crainte avivée par ses dernières prises de position très radicales sur la scène internationale (tout le monde a en tête son discours violemment anti-Bush à l'ONU). Désireux de récupérer les votes des nombreux indécis pour s'assurer une réélection tranquille, il vient de marquer un virage net dans sa communication. Son dernier spot de publicité électorale est ainsi intitulé "Message d'amour au peuple de mon Venezuela", allant plus loin encore dans la démogagie que "Lulinha paz e amor" au Brésil.
Chavez y déclare qu'il a tout fait par amour dans sa vie. Ses études, ses peintures, ses exploits au base-ball. Et c'est "par amour pour le peuple" qu'il s'est présenté comme président, toujours "par amour pour le peuple" qu'il a gouverné et lancé ses fameuses Missions sociales. Il conclut, dans un style que Lula ne renierait pas, "Il y a encore beaucoup à accomplir. J'ai besoin de plus de temps. J'ai besoin de ton vote. Ton vote, par amour."
10:55 Publié dans Anecdotes & Insolite, Jingles & Spots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



