30.09.2006
Le débat des candidats
S’il a eu le mérite d’exister, le débat sans Lula s’est comme prévu révélé particulièrement inintéressant. La théâtralité du plateau et de la mise en scène de la Globo (débat divisé en 5 parties, thèmes tirés au sort, temps de parole strictement limités et empêchant d’approfondir les sujets, etc.) n’a pas vraiment aidé à se concentrer sur les contenus des discussions. Mais il est surtout frappant de voir à quel point les candidats se sont échinés à donner raison à Lula, qui pressentait l’absence de débat d’idées lors de la confrontation.
Cristovam Buarque, Heloísa Helena et Geraldo Alckmin commençaient chacune ou presque de leur réponse sur un thème précis par une diatribe contre le bilan de Lula en la matière. Dans les vingt secondes restantes au temps imparti, ils esquissaient ensuite un début d’ébauche d’idée personnelle. Le terme "corruption" a dû être prononcé une bonne centaine de fois, souvent accolé au nom du président sortant.
Surtout, le débat était apaisé entre les candidats, ce malgré les attaques répétées d’Heloísa Helena contre l’héritage conjoint des gouvernements de Lula mais aussi de Fernando Henrique Cardoso (PSDB). Le candidat du PSDB, Geraldo Alckmin, restait le plus souvent de marbre devant ces attaques, ou alors se contentait de défendre timidement le mentor de son parti, s'attachant plutôt à évoquer l’avenir.
Préférant souvent souligner leurs points communs que leurs divergences de vue, appuyant ces considérations par des sourires et rires sous cape, les candidats ont donné l’impression d’une certaine complicité (cf. photo), ce qui n’était probablement pas la meilleure tactique à adopter.

En dehors du thème "Lula", Cristovam s’est principalement attaché à son thème de prédilection, l’éducation, le grand défi selon lui du Brésil de demain. Heloísa Helena a elle évoqué pêle-mêle les chantiers de l’énergie, de la réduction de la misère, et le sort des enfants brésiliens. Alckmin a quant à lui évoqué d’avantage certains thèmes macro-économiques ou politiques, comme les impôts ou encore la crise du gaz avec la Bolivie.
Le compte-rendu du débat et des extraits vidéos peuvent être consultés sur le site de la Globo.
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Verbatim
Nous vous livrons ci-dessous quelques morceaux choisis du débat des présidents.
Heloísa Helena
"Je veux répudier l'absence du candidat Lula. Il a le devoir de descendre de son trône de corruption et de lâcheté politique."
"La moyenne de croissance dans le monde est de 5,5% et ces petits télégraphistes du capital financier continuent ici leurs mesures, sur la base d'équations mathématiques que ne peut défendre aucun économiste au monde dont les neurones n'ont pas encore été vendus."
''Ce fut une campagne à la David contre Goliath, au quotidien, et sans vol d'argent public."
Cristovam Buarque
"Ce pays a besoin d'une révolution pour abattre les murs de l'inégalité sociale et le mur qui sépare le Brésil de la croissance. Mais c'est une révolution douce, qui ne fait pas appel à l'expropriation. C'est une révolution par l'éducation."
"Manquer à un débat comme celui-ci est une forme de corruption contre la démocratie."
"Lula avait promis que l'espoir vaincrait la peur, et aujourd'hui la peur vainc l'espoir."
Geraldo Alckmin
Le gouvernement n'a pas eu "le courage moral d'attraper non seulement le voleur de poules, mais surtout le criminel au col blanc."
"Le gouvernement Lula a été humilié [dans le conflit Petrobras - Bolivie] et attend que les élections passent pour augmenter le prix du gaz. Cela portera préjudice au chauffeur de taxi, à la femme au foyer, et au peuple brésilien."
"Lula, avec son absence au débat, a envoyé un message : je ne m'intéresse pas à vous."
''Nous ne pouvons pas trouver normales des choses comme des valises d'argent. Nous ne pouvons pas perdre notre capacité à nous indigner."
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19.09.2006
Heloísa Helena dans Le Monde
Nous avons bien fait d’attendre.
Primo, nous nous apprêtions à écrire un post sur le manque d’intérêt porté par la presse française à la campagne électorale brésilienne. Le dernier article publié par Libération sur les élections remontait en effet au 31 août, celui du Monde au 8 septembre.
Secundo, nous pensions publier ces jours-ci les portraits des principaux candidats, en commençant par la pasionaria Heloísa Helena, du PSOL. Cela fait un moment que nous promettons ces portraits, mais le manque de temps et la prime à l’actualité remettaient sans cesse à plus tard leur élaboration.
Nous avons donc bien fait d’attendre, car Le Monde, dans son édition d’aujourd’hui (datée du 20 septembre), nous fait mentir sur le premier point et nous donne un coup de main sur le second, en publiant un article de sa correspondante à Rio de Janeiro, Annie Gasnier, intitulé "Heloísa Helena, l'option radicale face à la réélection annoncée du président brésilien Lula".
Les "fofocas" (rumeurs, intrigues) de la politique brésilienne lui ayant prêté des relations pour le moins extraprofessionnelles avec cet homme, Luiz Estevão, Heloísa Helena a jugé bon de mettre les choses au point au début du mois : "je ne couche pas avec les hommes riches et ordinaires, je leur vomis dessus." Une manière comme une autre de clore le débat !
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14.09.2006
Albums photos
Les albums photos ont été enrichis. Vous pouvez les consulter en cliquant sur les photos des candidats dans la colonne de gauche.
15:20 Publié dans Candidats présidentielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.09.2006
Cristovam Buarque contre la réélection
S’inscrivant dans la lignée des déclarations de Geraldo Alckmin et de celles du président du Tribunal Supérieur Electoral Marco Aurélio Mello (cf. ici post à ce sujet), le candidat Cristovam Buarque du PDT, crédité dans les derniers sondages de 1 % des intentions de vote, a qualifié aujourd’hui la réélection de "désastre".
Selon lui, "[la réélection] fait que celui qui est au pouvoir, dès son premier jour, ne s’intéresse qu’à elle. Pour cela, il conclut des alliances qu’il ne devrait pas conclure, comme celles du Mensalão, et laisse le peuple avoir faim pendant trois ans avant de lui donner ce qu’il veut au cours des derniers mois pour pouvoir l’emporter de nouveau."
Cette position contre le principe de la réélection est aujourd’hui au cœur de la stratégie de nombreux candidats, et le fait que la principale autorité de la Justice Electorale y soit allée de son couplet montre bien que le thème est critique.
En effet, nombreux sont les signaux selon lesquels le président Lula a du mal à tracer la frontière entre son statut de gouvernant et celui de postulant à l’élection, l’intéressé et son vice-président Alencar l’ayant d’ailleurs eux-mêmes reconnus. Ils ne sont pas aidés en cela par une législation électorale semble-t-il trop floue sur ces fameuses "frontières", et par le manque de jurisprudence historique en la matière, seul FHC ayant été réélu en 1998.
Une chose est sûre, Lula dans ses réponses à ces accusations ne s’aventure ni à éclaircir ce que ses adversaires considèrent comme des abus d’un président en campagne, ni à justifier par la théorie politique la possibilité de la réélection. Sa position est avant tout pragmatique, et son discours dans les derniers spots radio de campagne est celui de quelqu’un qui veut faire part de sa certitude de faire mieux encore lors de son second mandat, rivalisant pour cela de démagogie avec ses rivaux.
Son dernier spot radio dit ainsi : "J’ai aujourd’hui beaucoup plus d’expérience. Je connais mieux les rouages de la machine et je peux monter une excellente équipe. Nous ne perdrons plus de temps comme au début du premier mandat, où nous avions dû résoudre les problèmes hérités des prédécesseurs. Grâce à Dieu, nous avons surmonté ces obstacles et trouvé des solutions définitives. Nous pouvons maintenant avancer de manière rapide et sûre."
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08.09.2006
Présidentielle : tous les candidats
Un post rapide pour récapituler l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle, déclarés et enregistrés auprès du Tribunal Supérieur Electoral.
Dans l'ordre alphabétique des prénoms, comme c'est la coutume au Brésil, les sept candidats sont :
- Ana Maria Rangel, 49 ans, née à Rio de Janeiro (RJ), politologue, représentante du PRP (Parti Républicain Progressiste), n° 44.
- Cristovam Buarque, 62 ans, né à Recife (PE), professeur, représentant du PDT (Parti Démocratique Travailliste), n° 12.
- Geraldo Alckmin, 54 ans, né à Pindamonhangaba (SP), médecin, représentant la coalition "Pour un Brésil décent" composée du PSDB (Parti de la Social-Démocratie Brésilienne) et du PFL (Parti du Front Libéral), n°45.
- Heloísa Helena, 44 ans, née à Pão de Açúcar (AL), sénatrice, représentant la coalition "Le front de la gauche" composée du PSOL (Parti Socialisme et Liberté), du PCB (Parti Communiste Brésilien) et du PSTU (Parti Socialiste des Travailleurs Unifiés), n° 50.
- José Maria Eymael, 67 ans, né à Porto Alegre (RS), avocat, représentant du PSDC (Parti Social Démocrate Chrétien), n° 27.
- Luciano Bivar, 62 ans, né à Recife (PE), homme d'affaires, représentant le PSL (Parti Social Libéral), n° 17.
- Lula da Silva, 61 ans, né à Garanhuns (PE), président de la république, représentant la coalition "La force du peuple" composée du PT (Parti des Travailleurs), du PRB (Parti Républicain Brésilien) et du PC do B (Parti Communiste du Brésil), n° 13.
- Rui Costa Pimenta, 49 ans, né à São Paulo (SP), journaliste, représentant du PCO (Parti de la Cause Ouvrière), n° 29.
A noter que ce dernier candidat fait pour le moment l'objet d'une procédure d'annulation de sa candidature de la part du TSE pour ne pas avoir envoyé dans les délais au tribunal les détails de ses comptes de campagne en 2002. Il a fait opposition à la décision du TSE, dont la décision finale est en suspens.
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