26.09.2006
"Lei Seca" et autres curiosités
• Le Brésil, tout comme le Pérou, la Colombie ou l'Equateur, applique le jour du scrutin la "Lei Seca" (Loi Sèche). Est ainsi interdite par force de loi la vente d'alcool dans les bars, les restaurants, les supermarchés et tout autre commerce, ceci dès minuit et pour les 24 heures suivantes. Les horaires peuvent cependant varier selon les Etats. L'Etat du Minas Gerais a ainsi accepté, sur pression du lobby des bars nocturnes et autres discothèques, de limiter l'interdiction à la tranche horaire 4h - 21h. Bonne nouvelle aussi pour les noctambules et fêtards de Rio, puisque la Lei Seca n'y sera pas appliqué, ainsi que pour ceux de São Paulo, pour qui la prohibition ne durera que de 8h à 17h.
• La distribution de tracts de campagne est interdite autour des bureaux de vote.
• Il est recommandé aux électeurs d'imprimer et de se munir d'une "anti-sèche" ("cola") dans laquelle figureront les numéros de chacun des candidats pour lesquels ils souhaitent voter. La plupart des portails d'information permettent de remplir en ligne et d'imprimer ce précieux aide-mémoire.
• Les électeurs qui pour une raison ou une autre (bras cassé, etc.) ne peuvent pas voter et signer le registre avec leur main habituelle devront le faire avec l'autre main. Si cela leur est impossible, ils devront au moins laisser l'empreinte digitale de leur pouce. Si cela leur est impossible, ils ne pourront pas voter !
• Les votes blanc et nul sont autorisés. Pour le vote blanc, il existe une touche spéciale sur l'urne électronique. Pour voter nul, il suffit de taper un code farfelu et de le confirmer. Ni l'un ni l'autre ne sont par contre comptabilisés à l'heure du décompte.
• Les candidats ont la priorité dans la queue pour le vote.
• A partir de 5 jours avant le vote et jusqu'à 48 heures après, aucun brésilien ne peut être emprisonné, à moins d'être arrêté en flagrant délit de crime. Freud Godoy et cinq membres du PT impliqués dans l'affaire du dossier resteront ainsi en liberté quelques jours encore, malgré la prison préventive prononcée contre eux hier mardi 26 septembre par la Justice Fédérale.
23:45 Publié dans Les modalités du scrutin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.09.2006
Les députés-zombies
Des zombies à la chambre des députés ?
Non, vous n'êtes pas dans un film brésilien de série Z, mais bien à Brasilia, en 2007. Le député Clodovil Hernandes (photo), du Parti Travailliste Chrétien (PTC), styliste reconnu et présentateur de télévision archi-célèbre au Brésil, et dont l'un des slogans de campagne était d'ailleurs "Brasilia ne sera plus jamais la même", a recueilli plus d'un million de suffrages lors des élections du mois d'octobre. Mécaniquement, ces votes débloquent un quota de plusieurs sièges pour son parti à la Chambre des Députés de la République Fédérative du Brésil.
Ce sont les députés qui l'accompagnent, illustres inconnus ayant récolté à tout casser quelques milliers de voix chacun, que la presse brésilienne qualifie par anticipation de "zombies". Déjà, en 2002, le Dr. Enéas du PRONA raflait 6 sièges pour son parti grâce à ses 1 573 642 voix, et quand bien même 4 des 5 députés qui l'accompagnèrent n'atteignaient pas 700 voix ! Mais à l'époque, et malgré leur déficit flagrant de légitimité devant les électeurs, ces députés furent considérés comme des élus à part entière, avec les mêmes prérogatives et privilèges que leurs 500 homologues de la Chambre.
Cette année, les règles du jeu sont différentes. Une loi a été votée, visant à limiter les distorsions créées par des célébrités en campagne, ayant trouvé refuge dans le giron d'un petit parti qui sans elles n'aurait pas trouvé le chemin du District Fédéral.
Il existera ainsi une "barrière", soit 5% des votes sur l'ensemble du territoire pour l'élection des députés fédéraux et au moins 2% dans neuf Etats, et le parti qui n'aura pas passé ces seuils d'ensemble devra se contenter d'être représenté par des "zombies". Les députés du parti élu seront en effet en quelque sorte des "sous-députés", errant tel des âmes en peine au parlement, puisque privés de participation aux diverses commissions de travail, commissions d'enquête, ou encore à la "Mesa Diretora" de la chambre. Pire encore, le parti en question n'aura pas les mêmes quotas de programmes électoraux à la télévision que ses homologues les "grands" partis, et se verra ainsi peu à peu condamner à l'oubli voire la disparition.
L'objectif de cette loi est simple : détourner les candidatures "parasites" de la complicité de ces petits partis dans lesquelles elles trouvent plus facilement les moyens de s'épanouir.
Cela n'empêchera pas Clodovil et ses successeurs, en bons zombies qu'ils sont, de jouer à plein leur rôle de trouble-fête au parlement !
00:30 Publié dans Campagne 1er tour, Les modalités du scrutin | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05.09.2006
Les scrutins du mois d'octobre
Les élections qui auront lieu au mois d’octobre 2006 ne concernent pas uniquement le poste de Président de la République. Elles permettront aussi aux électeurs de se prononcer sur le choix des fonctions politiques suivantes :
- l’ensemble des postes de gouverneurs des 27 états brésiliens (District Fédéral inclus), élus pour quatre ans,
- le tiers des sénateurs (27), élus pour huit ans (le renouvellement du Sénat se fait tous les quatre ans, au tiers ou aux deux tiers en alternance),
- l’ensemble des députés fédéraux (513), élus pour quatre ans,
- les députés d'Etat (qui siègent à l’Assemblée Législative de l’Etat et sont élus pour quatre ans)
Conséquence de ce regroupement des scrutins, une véritable saturation de l’espace publicitaire urbain et médiatique. Les outdoors (panneaux publicitaires) des partis, représentant souvent côte à côte le candidat à la présidence, le candidat au poste de gouverneur et le candidat au Sénat (ou aux postes de député fédéral ou d’Etat) pullulent dans les grandes villes, affublés du numéro d’identification du parti, inévitable repère dans la campagne électorale brésilienne.
A la télévision ou à la radio, lors des nombreuses plages quotidiennes dédiées à la publicité électorale gratuite, les clips, spots et autres jingles se succèdent pour vanter les mérites de tel ou tel candidat ou vilipender l’adversaire.
Une chose est sûre, l'électeur brésilien n'oubliera pas de voter, puisque le vote est obligatoire pour les citoyens brésiliens de 18 à 70 ans. Entre 16 et 18 ans et au-delà de 70 ans, le vote est facultatif.
Les sanctions financières sont cependant relativement clémentes, le montant de l'amende étant assez symbolique, compris entre 1,06 et 3,51 reais. En revanche, le contrevenant s'expose après trois abstentions à l'annulation de son titre d'électeur, et en conséquence à l'annulation entre autres documents de sa carte de travail ("carteira de trabalho") sans laquelle il ne peut effectuer un travail légalement rémunéré.
Rappelons enfin que l’ensemble des votes sont enregistrés à travers les urnes électroniques que nous avons évoquées dans un précédent post. Vous pouvez simuler un vote complet en cliquant ici.
20:50 Publié dans Les modalités du scrutin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Panorama politique brésilien
Le Brésil est une République Fédérative, régie par la Constitution de 1988, la septième de l’histoire du pays depuis l’indépendance en 1822.
La République Fédérative du Brésil est composée de 26 Etats et d’un District Fédéral, la ville de Brasilia, où siègent la Présidence de la République et le Congrès. La plus haute autorité de la République est le Président, celle des Etats est le Gouverneur.
Le Président de la République représente le pouvoir exécutif, il est élu par le peuple brésilien à la majorité absolue (les votes blancs et nuls ne sont pas comptabilisés) pour quatre ans, renouvelables une seule fois. Il est aussi le chef du gouvernement.
Le pouvoir législatif appartient au Congrès National, qui se compose de deux chambres : le Sénat, dont la composition reflète, au vote majoritaire, le bord politique des Etats brésiliens (trois sénateurs par Etat, 81 en tout) ; la Chambre des députés, qui représente, à la proportionnelle, le vote populaire (513 députés fédéraux, chaque Etat se voyant alloué un certain nombre de députés selon sa population).
Dans chaque Etat, enfin, se tient une Assemblée Législative dont les membres, les députés d’Etat, se prononcent sur la législation locale.
Pour ceux qui désireraient en savoir plus en français, nous recommandons le site de l’Ambassade du Brésil en France.
19:55 Publié dans Le Brésil, Les modalités du scrutin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
L'urne électronique
Le vote de l'électeur au Brésil se fait au travers d'une urne électronique. Le système brésilien, qui date de 1996, a fait des émules en Argentine et au Paraguay. Il a également inspiré le voisin nord-américain. Testé alors pour l'élection présidentielle dans une cinquantaine de municipalités, il est ensuite généralisé en 2000 sur l'ensemble du territoire.
Le boîtier, très simple d'utilisation, permet à l'électeur de taper le numéro de son candidat (composé du numéro du parti suivi d'une suite de un à quatre numéros selon le poste à pourvoir), puis de valider son vote une fois vérifié que la photo et le nom qui se sont automatiquement affichés correspondent bien à son choix.
Bien que présentant, selon ses détracteurs, certaines failles au niveau de la sécurité et de la fiabilité, il a été validé par l'Organisation des Etats Américains (OEA).
Le site du Tribunal Supérieur Electoral (TSE) permet d'effectuer de manière ludique (les noms des candidats ont été remplacés par les noms de grandes figures de l'histoire brésilienne) une simulation du vote. Attention, votre navigateur doit être compatible avec Java.
http://www.tse.gov.br/eleicoes/urna_eletronica/simulacao_...
01:00 Publié dans Bonnes idées, Les modalités du scrutin | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


